Les débuts d’Universalia

Du milieu à la fin des années 1970, Gary Anderson et Charles Lusthaus étaient professeurs à l’Université McGill de Montréal (Québec, Canada), respectivement responsables de la recherche et de l’évaluation des politiques en éducation et du développement du leadership dans le secteur de l’éducation. Les unités qu’ils avaient fondées, à vocation entrepreneuriale, répondaient aux besoins des gouvernements municipaux et québécois et de ceux du milieu de l’éducation sur une base contractuelle, en fonction de la demande. Âmes sœurs, Gary et Charles excellaient à répondre aux exigences d’un secteur de l’éducation en ébullition, alors en pleine expansion; à la fin de la décennie, leurs unités jouissaient d’une solide réputation. Après avoir présenté un document commun lors d’une conférence internationale à Thessalonique, en Grèce, Gary et Charles se sont rendus sur l’île grecque de Santorin pour faire le point et envisager l’avenir. Pendant cette pause, ils conçurent l’idée d’une entreprise du secteur privé qui offrirait des services de consultation, ceux-ci restant d’abord assez vagues. Ils souhaitaient aussi pouvoir parcourir davantage le monde – difficile pour des professionnels concentrés exclusivement sur l’éducation au Québec. Pour compléter l'éventail des domaines d’expertise offerts dans le cabinet proposé, Cecil Welch, professeur adjoint en psychologie du counseling, s’est joint à l’équipe.

Le nom UNIVERSALIA a été inspiré par Abelard, l’auteur et philosophe français du Moyen Âge. Il avait établi un mouvement philosophique dans lequel UNIVERSALIA symbolisait l’intégration totale de l’esprit, du corps, et de la nature, et représentait l’idéal de l’humanité par opposition au réalisme.

Il s’agissait d’abord d’éviter tout conflit d’intérêts entre les mandats de McGill et ceux de l’entreprise, d’abord nommée Systèmes de gestion Universalia. Deux politiques clés ont résolu le problème : doter un bureau externe de manière à éviter que l’entreprise n’utilise les ressources de l’université et ne pas accepter de missions dans le secteur de l’éducation au Québec, de facto chasse gardée de l’Université McGill. Une perspective internationale permettait non seulement de travailler à l’extérieur du secteur de l’éducation, mais aussi de s’étendre au-delà des frontières du Québec, ce que souhaitait la jeune équipe. En 1975-1976, Gary avait été chercheur invité à l’Institut international de planification de l’éducation de l’UNESCO à Paris et, grâce aux contacts qu’il y avait établis, il obtint le premier contrat d’Universalia, l’évaluation d’un programme de bourses d’études financé par l’Agence canadienne de développement international (ACDI) dans les Îles Sous-le-Vent et et les Îles du Vent des Caraïbes. L’évaluation, effectuée au moyen d’une étude de suivi, infirma, à partir de données irréfutables, le mythe selon lequel ceux qui recevaient un soutien financier émigraient de leur pays d’origine. Plus de 90 % des diplômés retournaient chez eux et travaillaient dans des domaines liés à leur formation. L’évaluation fut largement citée et entraîna presque immédiatement une cascade d’évaluations pour le compte de l’ACDI, d’abord dans de nombreux secteurs dans les Caraïbes, puis en Afrique et en Asie. Ces premiers contrats consolidèrent le créneau dans lequel Universalia s’était engagé et lui permirent de devenir un acteur de premier plan de l’évaluation internationale au Canada.

Comme on peut s’y attendre dans le cas d’une nouvelle entreprise, elle évolua considérablement au cours des six premières années. Gerry Cooney devint la première évaluatrice à temps plein en 1984; elle fut suivie de nombreux autres professionnels pour répondre à la demande croissante d’évaluations émanant de l’ACDI et décharger les fondateurs qui assumaient toujours leurs fonctions à l’Université McGill. Aussi, comme le cabinet misait sur la qualité plus que sur le rendement, en 1987, les effectifs d’Universalia ne cessaient d’augmenter alors que son résultat net piétinait. Nos clients employaient alors généralement des consultants individuels et hésitaient à payer des équipes complexes dont les frais généraux étaient plus élevés, même lorsque la qualité des évaluations était supérieure. Nous traversions une sorte de crise, et nous comprîmes que pour continuer à travailler de façon responsable, nous devions nous restructurer. Cecil Welch ne pouvant pas consacrer le temps nécessaire à l’accompagnement d’une entreprise en croissance, il la quitta et Gerry Cooney devint actionnaire et une présence à temps plein essentielle. Pour se restructurer, Systèmes de gestion Universalia ferma ses portes et fut remplacé par une société nouvellement formée, le Groupe de gestion Universalia, constituée en 1987.

Au cours des quatre dernières décennies, Universalia a évolué, qu’il s’agisse de ses clients (qui comprennent maintenant les Nations Unies, de multiples institutions financières internationales, des fondations, des organisations non gouvernementales ainsi que des agences de développement bilatérales); de son champ d’action (du niveau national au niveau mondial); des secteurs dans lesquels elle exerce ses activités et des services qu’elle offre; de sa taille; de sa propriété et de sa structure de gestion. À l’approche de notre 40e anniversaire en 2020, nous poursuivons notre évolution en cherchant à toujours demeurer pertinents dans un monde et un marché dynamiques.